En bref — La Zakat sur l'entreprise (Zakat al-Tijara) porte sur les actifs zakatables — stock, trésorerie, créances clients recouvrables — moins les dettes court terme exigibles, au taux de 2,5 % à la date anniversaire (hawl). Les immobilisations (locaux, matériel, fonds de commerce) en sont exclues. Pour un associé de société, la zakat se calcule au prorata de sa participation dans ces actifs zakatables — ou, à défaut d'accès aux comptes détaillés, selon une méthode simplifiée par la valeur de marché des parts.
Notre article sur le calcul pratique de la Zakat couvre déjà ETF, SCPI et assurance vie pour un particulier. Mais si vous êtes entrepreneur, gérant de SARL ou profession libérale, une question distincte se pose : comment calculer la zakat sur votre activité elle-même, et sur vos parts sociales ?

Qu'est-ce que la Zakat al-Tijara (zakat du commerce) ?
Elle s'applique aux actifs détenus dans une intention commerciale — c'est-à-dire destinés à être vendus ou transformés en cash dans le cycle normal de l'activité. Trois catégories d'actifs sont zakatables :
- le stock de marchandises, valorisé à sa valeur de marché actuelle (et non à son coût d'achat historique) ;
- la trésorerie disponible de l'entreprise (comptes courants, caisse) ;
- les créances clients raisonnablement recouvrables (factures émises non encore encaissées).
De cette somme, on déduit les dettes à court terme exigibles (fournisseurs, charges sociales et fiscales à payer). Le résultat constitue l'assiette zakatable, sur laquelle s'applique un taux de 2,5 % dès lors qu'elle dépasse le nisab, à la date anniversaire (hawl) de sa possession.
Quels actifs professionnels ne sont pas concernés ?
Les immobilisations non destinées à la revente — local commercial, machines, véhicule professionnel, mobilier de bureau, valeur du fonds de commerce ou de la clientèle — ne sont généralement pas incluses dans l'assiette zakatable de l'entreprise. La logique est la même que pour un particulier : un bien conservé pour produire un usage, et non pour être vendu, échappe à la zakat du commerce.
Comment calculer la Zakat sur des parts sociales (SARL, SAS familiale) ?
Deux méthodes coexistent selon votre intention et votre accès à l'information comptable :
| Méthode | Principe | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| Valeur de marché | 2,5 % de la valeur actuelle de vos parts (cours ou valorisation de cession estimée) | Intention de revente à court terme, ou société cotée |
| Actifs zakatables au prorata | 2,5 % de votre quote-part dans (stock + trésorerie + créances − dettes court terme) de la société | Détention long terme, avec accès aux comptes de l'entreprise |
Lorsque l'associé n'a pas un accès détaillé aux comptes (cas fréquent d'un actionnaire minoritaire), une convention simplifiée consiste à appliquer un abattement forfaitaire représentatif de la part d'actifs non zakatables (immobilisations, goodwill) avant d'appliquer le taux — une approximation raisonnable, mais moins précise que l'accès direct aux comptes.
Et pour une profession libérale (avocat, médecin, consultant) ?
Les actifs d'une profession libérale sont, la plupart du temps, majoritairement des immobilisations (matériel médical, mobilier de cabinet, patientèle/clientèle) plutôt que du stock destiné à la revente — ils échappent donc en grande partie à la Zakat al-Tijara. Reste zakatable, en revanche, la trésorerie professionnelle disponible sur les comptes de l'activité et les honoraires facturés mais non encore encaissés, selon les mêmes règles que pour une entreprise commerciale.
Un exemple chiffré
Une petite entreprise détient 40 000 € de stock, 15 000 € de trésorerie et 8 000 € de créances clients recouvrables, pour 12 000 € de dettes fournisseurs à court terme. L'assiette zakatable s'établit à 40 000 + 15 000 + 8 000 − 12 000 = 51 000 €. La zakat due, au taux de 2,5 %, s'élève à 1 275 €. Un associé détenant 30 % des parts devra, selon la méthode du prorata, 30 % de ce montant, soit 382,50 €.
Exemple pédagogique simplifié à but illustratif — ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation comptable et fiscale réelle.
Foire aux questions
Doit-on payer la zakat sur le chiffre d'affaires ou sur le bénéfice ?
Ni l'un ni l'autre directement : la zakat porte sur l'assiette d'actifs zakatables décrite ci-dessus (stock, trésorerie, créances, moins dettes court terme), pas sur un flux de chiffre d'affaires ou de résultat comptable.
Une société qui a des pertes doit-elle quand même payer la zakat ?
Potentiellement oui, si elle détient des actifs zakatables positifs (stock, trésorerie) malgré un résultat comptable négatif — la zakat porte sur le patrimoine zakatable, pas sur le bénéfice de l'exercice.
La zakat de l'entreprise est-elle due par la société ou par l'associé personnellement ?
La doctrine majoritaire fait peser l'obligation sur l'associé personnellement, au prorata de sa participation — la société elle-même n'est pas un « croyant » redevable de zakat, ce sont ses propriétaires qui le sont sur leur part.
⚠️ Information fournie à titre indicatif et pédagogique. Le calcul de la zakat d'entreprise dépend de la configuration exacte de votre activité et de votre comptabilité ; ce contenu ne remplace pas une analyse personnalisée. Site édité par EXP Capital (SASU, ORIAS n° 25005915). Conseil en investissement réalisé sous mandat d'Épargne Plurielle, CIF, ORIAS n° 16003696, adhérent CNCEF.
─── Lectures complémentaires ───

Alexandre Pollet
Co-fondateur & Conseiller en Gestion de Patrimoine
"Les entrepreneurs oublient souvent que la zakat de leur société n'est pas optionnelle au prétexte que 'l'entreprise a ses propres comptes'. C'est un sujet à traiter chaque année, au même titre que votre zakat personnelle."