En bref — Plus de 90 % des conseillers en gestion de patrimoine français sont rémunérés par rétrocessions versées par les assureurs et sociétés de gestion — des commissions prélevées dans les frais du produit, rarement visibles clairement sur vos relevés. Un conseiller à honoraires facture en moyenne 100 à 500 € HT/heure, ou 0,5 % à 2 % des actifs gérés par an. Le statut ORIAS garantit une habilitation réglementaire — pas la qualité du conseil. Voici comment lire une facture de CGP sans se faire surprendre.
« Combien allez-vous me facturer ? » — c'est une question que beaucoup de clients n'osent pas poser, souvent parce qu'ils pensent, à tort, que le conseil est « gratuit ». Rien n'est gratuit dans la gestion de patrimoine : la question n'est jamais de savoir si vous payez, mais comment, et si c'est visible.

Comment un conseiller en gestion de patrimoine est-il réellement payé ?
Deux modèles coexistent, et la différence entre eux détermine largement l'objectivité du conseil que vous recevez :
- Les rétrocessions. Le produit financier (assurance vie, SCPI, fonds) verse une commission au conseiller qui vous l'a recommandé, prélevée sur les frais de gestion annuels du contrat. Vous ne payez rien de votre poche à la signature, mais le produit est structurellement plus cher pour compenser cette commission. Selon une étude de l'AMF, plus de 90 % des CGP français sont rémunérés selon ce modèle.
- Les honoraires. Vous payez directement le conseiller pour son analyse et son suivi — un forfait, un taux horaire, ou un pourcentage des actifs conseillés — et il ne perçoit (en théorie) aucune commission cachée du producteur. Seuls 8 à 10 % des cabinets respectent réellement un modèle intégralement à honoraires.
Quels sont les tarifs observés en France ?
| Type de prestation | Fourchette observée |
|---|---|
| Taux horaire | 100 € à 500 € HT/heure (moyenne ≈ 200 € HT) |
| Bilan patrimonial ponctuel | 500 € à 3 000 € |
| Suivi et gestion annuelle (forfait) | 1 500 € à 10 000 € / an |
| Pourcentage des actifs sous gestion | 0,5 % à 2 % / an (moyenne 0,6-1 %) |
À cela s'ajoutent les frais propres aux produits eux-mêmes, indépendamment du modèle de rémunération du conseiller : frais de gestion moyens sur encours d'un contrat d'assurance vie autour de 0,82 % par an, pour un total cumulé (gestion + supports + éventuelles rétrocessions) avoisinant 2,44 % par an en moyenne de marché. C'est ce cumul de couches de frais, plus que le taux affiché d'une seule ligne, qui détermine le coût réel pour vous.
Que garantit — et que ne garantit pas — le numéro ORIAS ?
L'immatriculation à l'ORIAS (registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance) est une obligation légale pour exercer, selon la ou les catégories concernées : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Mandataire en Assurance (MIA), Courtier en Opérations de Banque (COBSP). C'est une condition d'accès à la profession — pas un label de qualité de conseil. Vérifier le numéro ORIAS d'un conseiller sur orias.fr est un premier réflexe sain, mais insuffisant à lui seul : voir notre grille complète pour choisir un conseiller en gestion de patrimoine halal.
Un changement réglementaire est-il en préparation en Europe ?
Oui : la Retail Investment Strategy (RIS) de la Commission européenne vise à mieux encadrer, voire interdire dans certains cas, les rétrocessions perçues par les conseillers financiers. Le texte fait encore l'objet de négociations entre le Parlement européen (plutôt favorable à une interdiction des incitations pour le conseil) et le Conseil (plutôt favorable au maintien des rétrocessions en execution-only, sous garde-fous renforcés). Le calendrier prévisionnel n'anticipe pas une adoption formelle avant le quatrième trimestre 2026, avec une application effective de la plupart des règles environ 30 mois après publication au Journal officiel de l'UE — soit autour de 2029. Ce n'est donc pas encore applicable, mais c'est une tendance de fond à surveiller. Suivre l'avancement sur consilium.europa.eu →
Notre position sur notre propre rémunération
Nous ne prétendons pas être les seuls à être transparents. Nous appliquons ce même principe de lisibilité à notre propre rémunération : elle vous est communiquée avant toute recommandation, quel que soit le modèle retenu pour votre dossier.
Foire aux questions
Un CGP à honoraires coûte-t-il toujours plus cher qu'un CGP à rétrocessions ?
Pas nécessairement à la fin. Les rétrocessions sont invisibles à la souscription mais payées sur la durée via des frais de gestion plus élevés du produit — sur 10 ou 15 ans, le coût cumulé peut dépasser largement des honoraires visibles mais ponctuels.
Peut-on demander à un CGP de détailler ses rétrocessions ?
Oui, et vous le devriez : les réglementations MiFID II (instruments financiers) et DDA (assurance vie) imposent une obligation de transparence sur les frais et rétrocessions, formalisée dans le document d'entrée en relation. Un conseiller sérieux vous le montre sans hésiter.
Un audit patrimonial gratuit est-il un piège ?
Pas systématiquement, mais restez vigilant : un audit annoncé « gratuit » se rémunère presque toujours ensuite par les rétrocessions des produits recommandés à l'issue de l'entretien. Ce n'est pas nécessairement un problème, à condition que ce soit dit clairement dès le départ.
⚠️ Information fournie à titre indicatif. Les fourchettes de frais citées sont des moyennes de marché et varient selon les cabinets. Site édité par EXP Capital (SASU, ORIAS n° 25005915). Conseil en investissement réalisé sous mandat d'Épargne Plurielle, CIF, ORIAS n° 16003696, adhérent CNCEF.
─── Lectures complémentaires ───

Alexandre Pollet
Co-fondateur & Conseiller en Gestion de Patrimoine
"Un conseil n'est jamais gratuit — la seule vraie question est de savoir si son coût vous est montré avant ou après. Nous préférons avant."